Lee Iacocca (1924-2019)

Lee Iacocca est décédé ce mardi à l'âge de 94 ans à son domicile de Bel Air, Californie. Nous lui devons ni plus ni moins que la Ford Mustang ainsi que lesK-Cars et minivans qui ont sauvé le groupe Chrysler de la faillite au début des années 80.

'Il était un des grands leaders de notre entreprise et de l'industrie automobile dans son ensemble" commente FCA dans un communiqué alors que Bill Ford parle "de son impact profond et durable sur l'industrie automobile"

Lido Anthony Iacocca naît le 15 octobre 1924 de parents qui ont immigré d'Italie, Nicola en 1902 et Antoinette en 1921, il termine le lycée en 1942 mais échoue à intégrer l'armée de l'air pour des raisons de santé.

Comme le jeune Lee ne peut pas combattre, il entame des études d'ingénierie à l'université de Lehigh située à Bethlehem, Pennsylvanie, il obtient son diplôme en génie industriel en 1945 sans avoir pris la moindre pose, y compris durant les étés. À ce moment là, il veut travailler chez Ford, Ford le veut dans son équipe mais il se voit offrir une bourse pour étudier à Princeton. L'ovale bleu lui demande de poursuivre ses études et lui promet de lui garder une place. Iacocca obtient un master en génie mécanique en 1946, il file alors à Détroit pour travailler chez Ford, d'abord comme stagiaire.

Rapidement, le jeune homme se lasse de l'ingénierie et louche du côté du marketing, il arrive à convaincre ses supérieurs de franchir le pas. Il est immédiatement envoyé comme responsable des ventes aux flottes à Chester, Pennsylvanie, dès 1949, il devient directeur de zone et chapeaute 18 concessions. Dix ans après ses débuts en marketing, la direction de Ford repère Iacocca, il venait de mettre en place un programme de financement pour booster les ventes, qui ramaient, du millésime 1956. Ce coup de génie lance sa carrière, il est propulsé responsable des ventes des voitures et des camions de la division Ford en 1960 avant d'en devenir le vice-président quelques mois plus tard, il n'a alors que 36 ans.

Sa principale réalisation est la Mustang (développée en secret, comprendre sur le dos de Henry Ford II), une auto performante, jolie et pas chère, bref, tout ce qu'il fallait pour attirer les jeunes en concession. Si je dois résumer très vite le concept, il s'agit d'une banale Falcon recarossée avec sièges baquets, enjoliveurs et moquette, le tout pour un prix modique. La pony car sort, elle fait la une de plusieurs magazines et dès le premier week-end, 4 millions de personnes franchissent les portes d'une concession Ford. 12 mois plus tard, 418 812 Mustang ont été vendues aux USA.

Suite à ce succès, Iacocca devient vice-président en charge du développement des voitures et camions, pas uniquement chez Ford mais aussi chez les autres marques du groupe (Lincoln et Mercury). En décembre 1970, il est nommé président de l'ovale bleu. Hélas, ses relations avec Henry Ford II se dégradent, il se murmure également que le second aurait eu peur que le premier lui chipe sa place de président du conseil d'administration, et ce qui devait se passer se passa, il est licencié le 13 juillet 1978, avec effet le 15 octobre, le jour de ses 54 ans. Henry Ford II reconnaît que ses seules motivations sont personnelles.

Iacocca rebondit vite puisqu'il atterrit comme président et directeur général de Chrysler dès le 1er novembre 1978, au moment où son nouvel employeur annonce une perte trimestrielle record de 160 millions de dollars. Le 1er septembre 1979, il ajoute à son arc la fonction de président du conseil d'administration.

À l'été 1979, il arrive à convaincre le Congrès de lui accorder un prêt de 1,5 milliards de dollars, contre de drastiques économies, même si la chose est vécue comme une humiliation, elle permet concrètement de sauver 600 000 emplois et plusieurs miliers de sous-traitants.

Le début des années 80 est marquée par la nécessaire et douloureuse restructuration mais aussi par le lancement des K-Cars (Dodge Aries, Plymouth Reliant) en 1981. Iacocca n'hésite pas à en faire lui-même la promotion dans les spots publicitaires, il faut dire que 85% des téléspectateurs le connaissent et le jugent honnête. Le 13 juillet 1983, 5 ans après avoir été viré de chez Ford, Chrysler annonce qu'il rembourse son prêt fédéral, une opération qui s'avère finalement juteuse pour tout le monde (État, banques). En mai 1982, le président Reagan lui demande de prendre la tête d'une collecte de fonds en vue de restaurer la Statue de la Liberté et Ellis Island pour les 100 ans de la staue, tâche qu'il accepte. Hélas, le malheur rattrappe Iacocca, son épouse, depuis 26 ans, Mary décède le 15 mai 1983, il stoppe alors ses activités.

Fin 1983, il refuse de se lancer pour la présidentielle de 1984 et signe à nouveau pour trois ans chez Chrysler, au moment où sortent les minivans du groupe, ceux-ci inventent un nouveau segment et s'avèrent être aussi révolutionnaires que la Mustang. Le 15 octobre 1984, Iacocca sort son autobiographie qui devient un énorme bestseller.

À cette époque, Chrysler réalise de bons profits mais sa gamme manque de modèles attrayants. Pour remédier à cela, des partenariats sont noués avec Mitsubishi, Maserati et Samsung mais le gros coup arrive le 9 mars 1987, il s'offre AMC, vendu par Renault, pour 1,5 milliard de dollars. Des usines ferment et des licenciements se font mais Jeep passe sous son pavillon. Iacocca envisage même de s'offrir GM mais renonce lorsqu'il prend connaissance de la probable facture de l'opération, 40 milliards au bas mot. En 1992, il décide de partir en retraite.

Via Detroit Free Press

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