Chrysler 200 (2014-2016), histoire d'une mal-aimée

C'est officiel depuis cette semaine, la Chrysler 200 tirera sa révérence en décembre, dans l'indifférence générale, même pas trois ans après sa présentation. Je vous propose de revenir sur ce modèle qui a connu son petit moment de gloire avant de littéralement plonger dans les profondeurs des ventes de son segment.

Détroit 2014, Chrysler présente sa première vraie 200, la précédente n'était qu'une Sebring restylée, et n'hésite pas à mettre les petits plats dans les grands : plateforme européenne, boite de vitesse à 9 rapports, possibilité d'avoir 4 roues motrices, maintien d'un V6, suspension arrière multibras, etc...La voiture propose sur le papier des prestations très intéressantes.
Un mois plus tard, FCA lui offre un passage au Super Bowl XLVIII avec à la clé les services de Bob Dylan et un nouveau slogan "America's Import". Pratiquement au même moment, un porte-parole met fin au secret de polichinelle du cabriolet, il n'y en aura pas.
En mars, la production débute et les premières impressions de Consumer Reports ne sont pas mauvaises, avec en particulier un couple 2,4 litres Tigershark/BVA9 qui fonctionne bien et surtout mieux que dans le Jeep Cherokee.
En mai, les commandes sont ouvertes, la 200 en enregistre 10 000 le premier jour et 17 000 après 48 heures. Le patron de la marque Al Gardner affiche sa confiance et vise clairement la Ford Fusion dans ses commentaires, ce qui signifie qu'il espère plus de 300 000 ventes par an.
En juin, un stop-start est annoncé, de série avec le 4 cylindres et en option avec le V6. La 200 finit son premier mois plein de commercialisation avec 7 345 ventes. En juillet, elle décroche le Top Safety Pick + de l'IIHS, ce qui signifie qu'elle est sûre et que l'efficacité de son système de prévention des collision avant est réelle. La NHTSA lui donne 5 étoiles peu de temps après.
En août, la berline franchit les 10 000 ventes mensuelles, de 810 unités, et s'offre le scalp de la Chevrolet Malibu dès octobre. La fin de l'année finit bien avec 14 317 et 16 229 livraisons en novembre et décembre.
Début 2015, la 200 continue de battre des records et en mai, ce sont les 20 000 ventes qui sont très légèrement dépassées (20 007 exactement). Malheureusement pour elle, cette performance ne se renouvellera pas même si ses résultats en juin et juillet restent bons. Pour la soutenir, et parce que c'est le moment où jamais, on lance la 90th Anniversary Edition.
La Chrysler commence à manger son pain noir en août où elle passe sous les 15 000 unités. En septembre, elle descend à 11 364 ventes même si FCA, involontairement drôle sur ce coup, rappelle qu'il s'agit d'un record pour la période, elle reste en gros à ce niveau en octobre. Mopar lui offre, comme l'année précédente,  une présence au SEMA, mais les masques tombent en novembre avec une baisse de 28% et seulement 10 332 exemplaires écoulés. En décembre, elle repasse sous la barre des 10 000 unités, 8 579, après un gadin de 47%.
2016 débute de façon cauchemardesque, la 200 est étrillée par Consumer Reports, un des pires choix de sa catégorie pour lui, mais aussi par Sergio Marchionne qui en profite au passage pour se payer les responsables de son design. Ralph Gilles reste soft mais admet que ceux-ci sont allés trop loin et reconnaît que du coup, l'accessibilité arrière en pâtit.
Fin janvier, le patron de FCA donne le coup de grâce et annonce que la 200 ne sera pas renouvelée ou du moins, pas par un modèle conçu en interne. À partir de là, rien ne va plus avec de spectaculaires baisses de livraisons mensuelles, - 63% dès dès ce premier mois de l'année (5 200 unités, on oscille entre 6 000 et 8 000, mais sans jamais atteindre le chiffre le plus haut, par la suite). Chrysler tente de limiter la casse avec la 200 S Alloy Edition présentée à Chicago, à un moment où la production est à l'arrêt pour 6 semaines (il y en aura un autre en avril).
Après un premier trimestre à - 63%, 17 973 livraisons, FCA supprime deux équipes de travail, 1 300 ouvriers sont licenciés, une première chez les Big Three depuis la fin de la crise de 2009.
Le 26 juillet, FCA annonce un bel investissement de 1,5 milliards de dollars à Sterling Heights mais ce n'est pas pour la Chrysler 200, la fin de ses souffrances est programmée en décembre. Sa mort signera également la mort des berlines de FCA produites aux USA (dans la catégorie que les Américains appellent "cars", ce sera effectif après l'arrêt de la Viper).

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