Élection de Donald Trump, les possibles conséquences pour les constructeurs américains

Le 20 janvier prochain, Barack Obama laissera son fauteuil de président des États-Unis à Donald Trump. Ce dernier pourra compter sur un congrès (et une cour suprême) à majorité républicaine. Bref, et sous réserve qu'il ne se fâche pas avec les cadres du GOP, il a sur le papier les coudées franches pour mettre en œuvre son programme. À quelle sauce risquent d'être mangés les constructeurs autos américains ? Tentons de répondre à cette question.

En business, tout va très vite, 48 heures à peine après le verdict des urnes, l'alliance des constructeurs automobiles demandait au président élu dans une lettre d'assouplir les objectifs de baisse de consommation et d'émissions polluantes prévues pour 2025. GM, Ford et FCA pourraient être avantagés dans la mesure où leurs gammes respectives sont d'être les plus sobres (Mazda est champion dans ce domaine, FCA bon dernier). Trump ne s'étant pas vraiment distingué par sa préoccupation à lutter contre le dérèglement climatique qu'il remet en cause, les chances que cette requête soit écoutée sont réelles.
Si les Big Three seraient dans cette hypothèse favorisés, Tesla pourrait en revanche en subir les conséquences, d'autant qu'Elon Musk n'a pas "arrangé son cas" en déclarant que Trump "n'était pas la bonne personne" pour diriger les USA. J'ajoute qu'il n'est pas non plus farfelu d'envisager la suppression pure et simple du crédit fédéral de 7 500 dollars pour l'achat d'une voiture électrique même si ce point précis n'a pas été abordé. Je ne crois pas que cela gênerait spécialement celui qui met 130 K$ sur le table pour s'offrir un Model X mais le risque que les acheteurs de Model 3 s'en détournent serait réel, sauf bien entendu si des États comme la Californie "compensent" à leur niveau. Certes, la Bolt EV trinquerait également mais Chevy a autre chose à vendre dans d'importants volumes. Autre nuage noir à l'horizon, même si ce n'est pas lié à l'automobile, alors que Tesla est en plein deal pour s'offrir SolarCity, les aides fédérales pour équiper les foyers de panneaux solaires pourraient elles-aussi se retrouver dans le viseur de la future administration américaine.
Néanmoins, il serait encore bien prématuré pour Mary Barra, Mark Fiels et Sergio Marchionne de sabrer le champagne car il reste la question des voitures produites au Mexique et importées aux USA. Si Trump a menacé Ford d'une taxe douanière de 35%, la constitution lui interdira de ne s'en prendre qu'à lui donc c'est potentiellement tout le monde qui peut se retrouver en difficulté. La promesse de détricoter l'ALENA rencontre l'oreille bienveillante de l'UAW (dont 28% de ses membres auraient voté Trump même si la direction a soutenu Clinton) qui espère une protection du marché américain. Pour que la mesure devienne effective, elle doit néanmoins avoir la majorité au congrès dont les membres restent partisans du libre-échangisme. Si une négociation dont seul Washington a le secret pourrait éventuellement (rien n'est moins sûr) aboutir à une taxe sur les productions provenant du Mexique (ou de Chine), il n'y a aucune chance qu'elle se monte à 35%. Le cas du Canada, lié par le même accord, n'est pas abordé mais les salaires entre ouvriers américains et canadiens étant à peu près comparables, ni le syndicat automobile, ni le président élu n'ont ciblé ce pays. Là en revanche, Tesla peut se montre serein puisque ses Model S et Model X sont assemblés aux USA et qu'il ne prévoyait pas de produire le Model 3 chez ses voisins du sud.
Je finis par une une mesure qui plaira à tous, l'idée de réduire de 35% à 15% les impôts sur les sociétés.

Crédit photo, page Facebook de Donald Trump

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